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03/02/2012

Maltraitance psychologique, dysfonctionnement du couple et banalisation

 

"L'amour, c'est l'amour sans chaînes" Toni Bentley.In Ma redition


J’anime depuis 12 ans,  l’atelier  « Parlez- moi d’amour », dont les objectifs sont de reconnaître l’âme sœur, de refuser l’inacceptable, de sortir des comportements entravants et de construire une relation constructive. Bref ! De s’épanouir au sein de son couple. Les premiers ateliers regroupaient majoritairement des quadragénaires en quête d’une seconde chance, souvent après un divorce ou une expérience douloureux.

 

Cet atelier a pour particularité de pointer la maltraitance psychologique banalisée dans le couple.

 

Très logiquement, je pensais que le temps passant, les générations se renouvelant, le développement personnel prenant son essor, cet atelier s’essoufflerait.

 

Or, non seulement cet atelier est toujours aussi populaire, mais il regroupe aujourd’hui des femmes beaucoup plus jeunes et beaucoup plus âgées.

 

Je viens de terminer l’animation de cet atelier au sein d’une association montpelliéraine et cela m’a laissée perplexe.

 

Je suis également assez étonnée du nombre de consultations par des femmes qui vivent une situation de maltraitance psychologique au sein de leur couple.

 

Mais ce qui me choque le plus c’est que la plupart de celles qui viennent et qui sont en couple,  me parle pudiquement «d’un malaise dans le couple » alors qu’il s’agit d’un réel dysfonctionnement.

La tendance générale est de concéder à son partenaire une tendance à la manipulation, voire au harcèlement. Ce dernier mot provoquant même parfois, une certaine fierté car il est, à tort, assimilé à un amour passionné et possessif.

 

Et le plus souvent lorsque je prononce les mots maltraitance psychologique ou dysfonctionnement, la réaction est de minimiser la situation.

 

Cela a motivé mon envie de faire un petit rappel sur ce qu’est la maltraitance psychologique et comment s’exprime cette véritable violence qu’il faut considérer comme un danger.

 

 

Reconnaitre la maltraitance psychologique

 

Contrairement à ce que l’on peut croire ce n’est pas si compliqué de reconnaître – ce qui est différent d’admettre- la maltraitance psychologique entre adultes.

D’abord parce qu’elle s’apparente au harcèlement, avec comme dénominateur commun la non réciprocité ; c'est-à-dire qu’il y a un acteur principal qui fait SA mise en scène pour garder le contrôle sur sa victime. Il n’y a pas de place pour l’interaction. Il n’y a qu’un seul maître à bord. Il ne faut pas se leurrer : les réactions de sa victime sont celles qu’il a prévues et il réponse à chaque cas de figure, plongeant ainsi cette dernière dans un état permanent de confusion ou le manque de discernement devient quotidien.

 

Identifier les manifestations de la maltraitance

Indifférence, jalousie, mépris affiché, dénigrement, déni, isolement, intimidation sous jacente…Tout est bon pour le maltraitant pour obtenir ce qui lui est le plus cher : le contrôle absolu de la situation.

 

Bien entendu les manifestations les plus évidentes sont les agressions verbales, telles les insultes, les brimades, les jugements négatifs.

 

Mais il en existe de plus insidieuses, les petites questions qui blessent «  Tu n’as pas un peu grossi ? », «  Tu crois vraiment que tu vas y arriver ? » ou les réflexions « en passant » comme " Je ne sais pas si ce travail est vraiment fait pour toi!", "Tu ne crois tout de même pas que tes compétences les intéressent..."

Les silences imposés là où l'autre attend le dialogue, ou l'attention, l'éloignement sans raison apparente, ou pour une raison futile, sont des brimades (à peine) déguisées.

 

 

Revenons sur le premier point : l’indifférence ou plus exactement le refus de s’impliquer pour son/sa partenaire.

 

Il s’agit purement et simplement d’une forme de rejet qui ne tient compte ni des besoins de son conjoint, ni de ses sentiments, ni de la frustration qui découle de ce comportement. En réalité le mal être provoqué devient jouissif pour le maltraitant qui peut ainsi mesurer son pouvoir.

 

Dans certains cas extrêmes cette frustration est créée de toutes pièces pour maintenir l’autre en état de dépendance et d’insécurité.

 

On pourra alors rencontrer des refus systématiques ou répétitifs de faire des choses ensembles, comme de participer aux fêtes de famille, ou de se murer dans un mutisme absolu pour montrer son désaccord au lieu de privilégier un dialogue.

 

L'alternance du froid et du chaud fait partie du processus de maltraitance

 

 

Alors, soudain, quand l’autre est blessé, déstabilisé, on lui manifeste une envie de tendresse, ou de relation sexuelle.

 

Ne nous méprenons pas , il ne s’agit absolument pas d’une démarche de réconciliation, mais belle et bien d’une forme de contrôle, un moyen de « faire la pluie et le beau temps », d’altérer l’intégrité de son conjoint ou partenaire. C’est une possession totale « corps et âme », un dénigrement de son intégrité.

 

Le dénigrement… Dit ou sous entendu est aussi terrible qu’une paire de claques.

C’est une humiliation qui sous tend chaque action ou parole. C’est une violence extrême qui vise la destruction de l’estime de soi.

Remarque désobligeante ou attitude dédaigneuse systématisées ou récurrentes, le dénigrement déstabilise et laisse des traces.

Ce qui est d’ailleurs son objectif. Outre les mots, le dénigrement peut se cacher dans des regards méprisants, des mimiques dépréciatives, des sourires ironiques, des ricanements, des sons moqueurs…Le message du dénigrement est clair, net et sans appel : « Tu dis n’importe quoi, tu fais n’importe quoi, tu n’est pas assez ceci ou cela, tu es trop ceci ou cela, tu ne vaux rien ou pas grand-chose…Donc sois heureux(se)  que je t’accorde cette attention car tu ne mérites pas mieux. »

 

 

 

Enfin, l’isolement organisé jour après jour : les anciens amis ne sont plus assez biens, la famille ne l’aime pas, n’est pas à la hauteur, les relations extérieures ne sont pas intéressantes ou représentent un danger  (fantasmé dans la majorité des cas) pour soi, pour l’autre, pour le couple…Le seul but est un isolement qui permettra à double titre la maltraitance psychologique car il maintient le « tu vois, finalement tu es toute seule » et la toute puissance du maltraitant dans ce huit clos mal sain.

De l'isolement à la menace: un tout petit pas

 

L’isolement ouvre la porte aux intimidations plus concrètes : bris d’objets, cris, coups de poings dans les murs, portes claquées.

Ces attitudes ne sont pas anodines : ce sont des démonstrations de ce que le maltraitant est capable de faire et elles ne tardent jamais à s’assortir de menaces, qui, même quand elles sont déniées avec force justificatifs plus ou moins plausibles, ne traduisent rien de moins qu’une menace de destruction.

 

« Si tu me quittes tu n’auras rien, je te tue, je garde les enfants, je saute par la fenêtre… »

 

Encore des menaces qui n’ont rien à voir avec de l’amour et qui ne constituent qu’un moyen de pression. Cette pression a un but : contrôler et posséder l’autre jusqu’à la destruction.

 

Ce qui me chagrine

 

La maltraitance psychologique est plus difficile à combattre dans un contexte culturel ou un amalgame est rapidement fait entre la volonté de posséder et l’amour absolu.

 

Combien de fois ai-je entendu «  C’est parce qu’il m’aime trop », « parce qu’il me veut », « C’est un éditerranéen, il a le sang chaud», "chez nous c'est comme ça" et la pire des excuses «  C’est un homme… ».

Quelle méprise intolérable : les méditerranéens, les hommes, les amoureux sont-ils donc tous des dangers potentiels ? Certes, NON, NON et encore NON!

Certains se servent de ces croyances venues d'un autre temps pour justifier de leurs déséquilibre personnel et orchestrer impitoyablement leur programme destructeur et anihilateur de l'autre.

 

La possession n’est pas l’amour. L’isolement et le repli sur le couple n’est pas l’amour.

 

 L’amour, est, doit être, source d’épanouissement, de valorisation, de partage, de rencontre, d’écoute, de construction.

Dites NON!amour,couple,dysfonctionnement,malaise,violence,maltraitance psychologique,manipulation,harcèlement,femme,violences,danger,aide

La loi reconnait aujourd'hui la maltraitance psychologique comme un délit et punit ce délit de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amendes ou cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amendes, selon la gravité du dommage.

Si vous avez des doutes, si vous avez peur, si vous évoluez dans cette confusion, si vous avez besoin d 'aide. N'attendez pas : demandez de l'aide.

Agnès Bella Tavassi

L'Atelier "Parlez moi d'amour" intéresse votre association, votre club, votre centre ou votre organisme?

Contactez moi au 07 88 08 89 49 ou mieuxetre.coaching@gmail.com

Consultations à Banyuls sur mer et Montpellier sur Rendez-Vous toute l'année.


 

Commentaires

Je confirme l'état dans lequel la victime se retrouve, à ne pas savoir si ce n'est pas elle qui malgré tout a tort, à ne plus savoir vers qui se tourner, d'autant que le maltraitant "passe" bien auprès de l'entourage, qu'il ne se remet jamais en question...
Je suis un homme et j'ai réussi à partir après 25 ans de vie commune, j'ai essayé d'être correct en versant une pension alors que je n'avais même pas encore déposé une requête en divorce (qu'elle a d'ailleurs refusée) : elle en redemandait toujours plus...Sans parler des innombrables mails, mots et messages sur mon répondeur téléphonique !
Un seul conseil devant ce genre de prédateur : partir le plus rapidement possible, en ayant soin de rassembler le maximum de preuves de ces agissements, se protéger et ne pas hésiter à déposer une plainte (pas de main courante!). Il est important de faire appel à des structures spécialisées telle le SAVIM lien local sur http://www.inavem.org/ ou à Toulouse le SAVIF http://www.savif.fr/ qui sauront vous aider et vous orienter...
Il existe tout un tas de sites web que vous pouvez aussi consulter en cherchant avec google "pervers narcissique" ou "manipulateur narcissique"...Attention de ne pas alerter votre conjoint cependant, il pourrait en devenir dangereux s'il se sait démasqué !!
Que dire de plus ? Je souhaite bon courage aux victimes...moi, je n'en suis pas encore sorti, actuellement en arrêt de travail pour syndrome anxio-dépressif..

Écrit par : Daniel | 13/04/2012

Moi aussi je viens de quitter ce genre de personne. Avec lui depuis 9 ans, nous avons vécu ensemble pendant 3 ans pendant lesquels j'ai beaucoup souffert psychologiquement, ne comprenant pas ses réactions violentes et totalement illogiques, accès de colère, insultes. dénigrations, infantilisation. ironies. Je ne pouvais pas admettre qu'il y ai un tel manque d'empathie chez certains êtres.... il me culpabilisait pour TOUT, ce qui avait rapport au couple mais aussi ce qui était extérieur et qui le contrariait. Ces 2 dernières années nous ne vivions pas ensemble, je suis partie mais nous nous voyions tout en vivant chacun chez soi, espérant qu'il comprendrait, changerait ces comportements. Il faut reconnaitre qu'il avait aussi des qualités et qu'il pouvait être très tendre et amoureux.
En repensant à nos rencontres du début, je me souviens de ces sensations de malaise qui m'envahissaient à cause de ses comportements mais je me disais que tout simplement il
était différent et souvent je me disais qu'il s'agissait d'un malentendu. Il m'a toujours accusée d'être la cause de notre mauvaise communication et je l'ai longtemps cru. Quand j'ai enfin compris j'ai eu beaucoup de mal à le quitter étant totalement conditionnée par lui et probablement dépendante affective. J'ajoute que j'ai souvent reçu des claques, des coups de pieds, fait tirer les cheveux. fait serrer les poignets. En colère il hurlait dans la voiture devenait hystérique et conduisait très vite mettant notre vie en danger. Il parlait souvent de lui, moi pour m'écouter sur quelque chose que j'avais à cœur, il n'avait pas le temps, ca ne l'intéressait pas, il me corrigeait sur ma façon de parler (je vis à l'étranger), de me comporter. Bref il ne me respectait pas.
Je pensais le quitter pour de bon depuis pas mal de temps mais là ça y est, un déclic, une insulte de trop, un illogisme de trop. Mal, ça fait mal, je serre les dents mais partir était la seule solution. Faire un choix n'est pas toujours facile. Malheureusement nous travaillions aussi ensemble et il me faut être forte pour retrouver mon indépendance.

Écrit par : Pebble | 13/08/2013

Çà m à fait beaucoup de bien de vous lire.moi je ne c est plus où j en suis .mon mari est toujours dur avec moi .n étant jamais dans le dialogue.mais toujours crier à m abrutir .outre son problème d allcool où il devient méchant.il je vient d apprendre un deuxième adultère ki me fait attrocement souffrira. Il me disait au départ kil avait vulg airement tirer son coup et maintenant ke c est une grosse erreur.mais il n est pas dans la reconstruction me disent kil faut oublier.je devient très mal par son différence .je fait un métier passionnant mais je n arrive plus à me concentrer.je voudrai partir mais je n arrive pas à le quitter.çà fig 40ans ke je le connaît et je l aime

Écrit par : barbier | 21/08/2013

Nous sommes un groupe de bénévoles et d'ouverture d'un nouveau régime dans notre communauté. Votre site web nous a fourni des renseignements précieux à travailler sur. Vous avez fait un travail formidable et notre communauté tout entière sera reconnaissante à vous.

Écrit par : maxosize forum | 08/10/2014

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